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Fanny GILLEQUIN

www.fannygillequin.com

Née en 1988

Vit et produit dans la région Occitanie, Montpellier

DÉMARCHE ARTISTIQUE

 

Mes pièces sont le résultat d’un long travail de recherches, de découvertes, de temps de voyage, d’évasion et d’échanges. Je travaille sur les frontières floues de l’art, de la science et de la culture. Inspirée par l’observation de la Terre, de l’humain, du céleste, de la nature, des végétaux et des minéraux, j’évoque les fondements de la vie même, du caractère éphémère de la vie et donc inéluctablement, de la mort. La vie est un cercle.

Mon point de repère est l’humain. Cependant, la notion d’être humain est toujours présente de manière symbolique, implicite dans mon travail. On peut plutôt parler de trace humaine. Je crée des petits univers, des fragments de vie imaginaire, des utopies spirituelles où chacun doit pouvoir y rentrer et se projeter.

 

Je révèle la relation de l’humain à son propre corps, à son monde intérieur, en connectant mon « moi » le plus profond avec mon corps à travers l’Art. Je retranscris alors par une autopsie détaillée, une anatomie précieuse et intrinsèque à l’Homme. La perception courante de l’anatomie est généralement réduite à une relation entre la maladie et la mort. La peur de l’anatomie et des viscères est une réaction que nous avons apprise. L’anatomie représente pour moi, un moyen de se connaître, une base pour vraiment comprendre le corps humain. Nos organes nous maintiennent en vie. Un organe vital est un organe dont un organisme ne peut se passer pour survivre. Malgré l’aspect morbide qu’on peut leur associer, je les trouve autant complexes que beaux, de part leur fonctionnement et leur forme. La vie que j’associe à la pureté du monde, de la nature. Je dissèque d’un trait fin et aiguisé le monde vivant enfoui dans les méandres de notre corps. Le tout, enveloppé d’une poésie douce et tendre. Ainsi, j’ai la sensation de rendre hommage au corps humain. 

 

J’aborde aussi la relation de l’humain à son milieu; sensible et concrète, symbolique et technique. La relation de l’homme à l’espace habité. L’écoumène est une notion géographique pour désigner l’ensemble des terres habitées et/ou exploitées par l’homme. Cette notion ne peut se détacher d’une réflexion ontologique. Si l’être humain se crée avec sa temporalité, il se crée aussi avec sa spatialité, sa culture, sa vision personnelle de l’espace qu’il s’approprie. Être, c’est forcément être quelque part, on ne peut pas en faire abstraction. L’Homme est partout. L’ Homme a fortement modifié le tracé de la surface terrestre. Malgré les développements scientifiques et technologiques qui ont permis des avancés considérables dans divers domaines, il n’en demeure pas moins que l’impact sur l’équilibre écologique et environnemental comporte de lourdes conséquences. La dévastation des paysages et des ressources naturelles, la surexploitation, les aberrations architecturales et urbanistiques, et l’érosion anthropique de l’écorce terrestre, sont les signes les plus évidents d’un dysfonctionnement grave et profond dans la relation de l’homme moderne au monde. 

 

Je me place alors en tant qu’habitante de la Terre, membre de la société mais avant tout en tant qu’être humain. Et je me base sur une forme de réalité, la réalité d’une société qui perd tout repère, qui désenchante le monde sous nos yeux, verts d’espoir. De l’espoir, car cette même réalité peut être belle. La beauté du monde tel qu’il nous a été offert. Un monde pur, sauvage, authentique ou encore même, vierge. La quête de l’exotisme. Je crée alors des utopies insulaires détaillées, clos par des cadres, à l’aspect évocateur de limites, de frontières, de gouvernements. Encadrés, mais aussi sous verre. Étouffés. En apnée dans un monde devenu irrespirable. Ces mondes miniatures, ces îles artistiques, semblent être l’archétype des petites îles paradisiaques, merveilleusement proportionnées, à l’aspect idéal. De loin, elles revêtent toutes les apparences d’îles tropicales enchanteresses. De près, la vie telle qu’elle était, telle qu’elle est et telle qu’elle le deviendra. Je m’inspire de la contemporanéité du monde et filtre les actualités. Je fais revivre les vestiges, les richesses du patrimoine culturel des pays en guerre, en reconstruisant les monuments, partiellement ou entièrement, détruits; acte de reconnaissance de la culture qui disparaît. Les cadres anciens, abimés et usés par le temps pour cette série, ne sont pas innocents. J’évoque notre monde actuel et multiculturel, aussi hybride qu’il soit, en me nourrissant de mes voyages. Et je me projette; je révèle, des futures terres, où, avec les changements climatiques, la fonte des glaciers et la montée des eaux, nous humains hétéroclites, seront tous rassemblés. 

C’est principalement avec le dessin que je travaille. Même si je me voue de plus en plus à différentes techniques et outils. Je construis mes pièces comme un chirurgien découperait un corps au scalpel. 

 

Je suis chirurgienne du monde.