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                                                            CIEL NOIR.                                                             

Des bouddhas de Bamiyan en Afghanistan aux manuscrits de Tombouctou en passant par Palmyre, les attaques délibérées contre les grands sites mondiaux du patrimoine se sont multipliées ces dernières années. On parle de "génocide culturel". La guerre en Syrie, commencée en 2011, a entraîné un des exodes les plus importants au monde. À l'heure actuelle, d'après les chiffres officiels de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, plus de 13 millions de Syriens ont besoin d'assistance, et plus de 5 millions ont été obligés de quitter leur pays à cause du conflit. Cela montre qu'en plus des destructions, de sites patrimoniaux protégés, le patrimoine vivant syrien qui reflète la richesse multi-ethnique et multiconfessionnelle de sa société, est désormais également en péril. À la différence des destructions du patrimoine bâti, les conséquences sur le patrimoine culturel immatériel n'ont pas été médiatisées avec la même ampleur. Pour l'UNESCO, les pratiques et expressions culturelles transmises de génération en génération, représentent l'axe fondateur de la cohésion sociale, et du dialogue entre les communautés. La dispersion de la population syrienne et, ce qui est plus grave, sa disparition, provoqueraient par conséquent un vide culturel et identitaire. C'est la même volonté destructrice qui vise dans leur chair des femmes, des hommes, des enfants mais aussi dans la pierre, l'argile, les trésors du patrimoine.

La destruction délibérée du patrimoine est un crime de guerre, elle est devenue une tactique de guerre pour mettre à mal les sociétés sur le long terme, dans une stratégie de nettoyage culturel. C’est la raison pour laquelle la défense du patrimoine culturel est bien plus qu’un enjeu culturel, c’est un impératif de sécurité, inséparable de la défense des vies humaines. L'acharnement délibéré contre le patrimoine de l'humanité procède d'une volonté d'anéantissement de la mémoire. L’objectif est de détruire « l’autre » dans ce qu’il a de plus précieux, sa mémoire, ses reliques, ses œuvres d’art.

Les monuments, quartiers, régions, villes, pays, représentés dans cette série de tableaux ont tous été, partiellement ou entièrement détruits, lors de conflits, de bombardements. C'est pourquoi je tente de les reconstruire, de les reconstituer et de les orner de fleurs afin de leur rendre hommage, de continuer à les faire vivre avec nous, en nous et d'apporter mon soutien à ces peuples, ces pays en guerre. Chaque monument a son histoire, son importance et est accompagné d'un court texte descriptif. Les pétales de fleurs tentent d'apporter une certaine douceur sur papier face à l'horreur de la réalité.